Ressources
Cette page nous permet de partager avec vous des ressources sur le coaching mental, la performance, le coaching d'équipes et d'organisations. Nous y ferons régulièrement des zooms sur des pratiques, des thèmes, des résultats de recherches qui nourrissent notre expertise et sont mis au service de nos clients. Si un thème vous intéresse particulièrement, si vous voulez témoigner ou simplement échanger avec l'un de nous, contactez-nous!
L'imagerie mentale
L’imagerie mentale fait partie des pratiques d’une grande efficacité que l’on travaille en préparation mentale. Visualiser un objectif, une trajectoire, une stratégie de match, un tour de circuit avec forces détails fait travailler le cerveau de la même manière qu’accomplir les mêmes gestes « en vrai ». Pratiquer l’imagerie mentale encore et encore, voir sa course, ressentir avec les 5 sens (VAKOG) les sensations dans la voiture, sur la glace, sur un vélo, sur des skis, selon le sport pratiqué permet de se préparer mentalement, de permettre à l’athlète d’acquérir des automatismes, de se familiariser avec les gestes, les trajectoires, les postures qui lui permettront de performer une fois en course.
En ces temps de confinement, l’imagerie mentale peut être salvatrice. C’est une période très favorable, comme les intersaisons, pour entrainer son cerveau et son corps à visualiser les meilleurs pratiques. Non seulement cela fait du bien de vivre en imagerie ce qui manque tant aux sportifs mais c’est aussi une clé de la Performance future. Visualiser ses objectifs et ses moyens, c’est avoir déjà fait une bonne partie du chemin pour les atteindre !
Des champions témoignent
Guillaume Néry, champion Français d’apnée juste avant une plongée: «En imagerie mentale, je convoque un moment positif et heureux. Je me revois en Grèce, à Kalamata, partant pour une plongée parfaite. J’entends la voix de la juge à bord du bateau qui égraine le compte à rebours. Je revis le soleil, la mer, la descente et ce sentiment de perfection qui m’enrobait du sucre glace de sa félicité. »
Jonny Wilkinson, l’un des meilleurs joueurs de rugby du monde cite son coach, Dave Alred: « Imagine la trajectoire que tu veux donner à la balle, essaie de sentir son contact et de visualiser le résultat optimal que tu veux obtenir. » « On peut maîtriser la balle, la direction qu’elle va prendre et voici comment. »
Sébastien Loeb, nonuple champion du monde des rallyes « La note me permettait de visualiser le virage et de le décrire de la façon la plus précise. Ces indications récitées ensuite par Daniel (Elena) en course, me donnaient une image mentale de la courbe, même si je ne voyais pas. »
Renversement motivationnel : que faire quand les repères disparaissent et les objectifs sont remis en question ?
Cette période sans précédent interroge le monde du sport comme celui des organisations.
Quand les championnats sont annulés ou reportés, comment maintenir sa motivation alors que l’on n’est pas au clair sur les objectifs habituels incontournables et structurants, faire tel temps à telle course, obtenir telle place à tel championnat, gagner telle coupe… ?
Comment garder le rythme nécessaire dans sa prépa physique, préparer son mental à des échéances qui font habituellement sens pour nous et qui sont remises en question ?
Le confinement et le déconfinement sont des situations extrêmes bien sûr, mais d’autres contextes peuvent nous challenger également de cette façon, comme la blessure, la maladie, des moyens revus à la baisse, l’éclatement d’une équipe, une quelconque redistribution des cartes…
La théorie du renversement motivationnel de Michael Apter qu’il présente dans son livre « Le renversement psychologique » nous fournit des clés intéressantes, que ce soit pour des enjeux importants comme pour des actions du quotidien nécessitant un minimum de motivation et d’engagement.
Un exemple (nous reviendrons sur d’autres paires motivationnelles dans un autre article) avec la paire motivationnelle Sérieux / Enjoué. Je cours un marathon avec comme principale motivation l’arrivée à telle place : ceci correspond à l’état motivationnel « sérieux ». Pourtant, j’éprouve une grande lassitude à partir du kilomètre 28 et je sens la motivation me quitter. L’idée de l’arrivée à la place N°3 a perdu de sa force et n’est plus suffisante pour que je m’engage à fond. Nous pourrions tout aussi bien prendre l’exemple d’un essoufflement en cours de saison pour un sportif participant à un championnat, au cours d’un match, d’une compétition etc…
Prendre conscience de sa baisse de motivation et savoir actionner un levier de remotivation est un atout important. Ici basculer dans l’état motivationnel « enjoué » consiste à prendre du plaisir dans l’action présente, le fait de courir, de voir le paysage autour de soi, de ressentir certaines choses, d’avoir du fun dans sa saison de courses, retrouver du fun, des sensations par exemple. Jouir des sensations dans la voiture de course, sur le vélo, sur la glace et, pour un temps reléguer l’objectif en second. L’état motivationnel est temporaire, quelques minutes plus tard, quelques jours ou semaines, il peut rebasculer. Une fois retrouvé le fun, les sensations, on peut retrouver goût à un objectifs sérieux et ambitieux.
Il s’agit de se connaître, d’avoir conscience de l’état motivationnel, psychologique, l’état mental dans lequel on se trouve et être ainsi capable d’agir, de se booster.
Dans l’épreuve collective et individuelle que nous traversons, ré-étalonner ses sources de motivation, re-dimensionner ses objectifs, vivre le présent avec intensité en mobilisant les 5 sens, re-calibrer sa préparation et utiliser la ressource mentale pour être à la fois plus fort et plus conscient est une opportunité qui nous est offerte qui a une valeur inestimable.